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Abrégé d'un catharisme pour aujourd'hui

Le catharisme n’est rien d’autre qu’une expression chrétienne des origines qui fut balayée par un autre christianisme qui s’imposa avec force.

Le catharisme est une spiritualité qui relève comme le mot l’indique de l’Esprit. Esprit qui est indissociable de ce qui se fait jour intelligemment dans la conscience. Le catharisme rejette toute forme de superstitions et croyances si chères aux religions. Il se fonde sur la raison, lieu de la révélation de l’Esprit.

Il a pour racine l’Évangile, celui que Paul prêchait et qui transparait dans ses lettres, avant même que ne soient rédigés les premiers mémoires des apôtres sur Jésus, écrits qui reçurent l’intitulé d’évangile que beaucoup plus tardivement. L’Évangile ne se réduit pas aux évangiles, même si ces derniers en témoignent.
L’Évangile n’est pas une chose morte, figé sur le papier comme une épitaphe sur un tombeau. Ici ne git pas l’Évangile.
L’Évangile est vivant, il sort de la bouche de ceux qui ont reçu l’Esprit. Les cathares médiévaux disaient très bellement que Marie était l’image de l’Église, car c’est elle qui est fécondée par l’Esprit et c’est elle qui accouche du Verbe, c’est-à-dire de l’Évangile.

Le catharisme ne se fonde donc pas sur les évangiles ou la bible, mais sur l’Esprit. Il ignore le concept de textes révélés érigés en écrits sacrés, fussent-ils d’origine chrétienne. Ces derniers sont juste les prédications des premiers chrétiens. Si le catharisme peut parfaitement se nourrir de ces textes premiers, il sait également qu’ils nous sont parvenus tronqués et altérés. Il soumet d’ailleurs ces textes au crible de la science moderne de la lecture historico-critique.

Le catharisme ne croit pas à l’incarnation de Jésus-Christ : il est l’annonceur de l’Évangile. Le catharisme restitue au Christ, la place qui était la sienne dans l’Évangile, c’est-à-dire la personnification de l’Évangile dans un temps donné à un public donné.
Le catharisme n’attribue par conséquent aucune réalité physique ou historique au Christ mis en scène dans les évangiles. Le Christ n’est pas plus né d’une vierge, qu’il n’a marché sur l’eau ou fait de miracles, il n’a pas ressuscité le troisième jour non plus… Ce qui est dit du Christ dans les évangiles renvoie en réalité à des idées spirituelles mises en images.
Le Christ est un personnage conceptuel, il est l’illustration vivante de la prédication Évangélique.
Le catharisme ne se fonde donc pas non plus sur la foi en Jésus-Christ qui relève d’un culte idolâtrique de la personnalité, mais sur l’Évangile qui est annoncé à travers lui.

Le catharisme est une spiritualité sans dogme, en conséquence il ne peut se réduire à un corps de doctrines qu’il suffirait d’acquiescer comme on mettrait sa signature en bas d’un contrat pour devenir cathare.
Être cathare ne consiste pas à croire à telle ou telle chose.
Le catharisme est un entendement, un éveil spirituel qui se révèle par un éclairement de la conscience et non une confession qu’il suffirait d’ânonner avec sa bouche.
Le catharisme est Esprit et se traduit très concrètement par un état d’être, c’est-à-dire par une façon de vivre.
C’est à ses engagements de vie que l’on reconnaît le cathare, et non à ce qu’il croirait ou pas. Ce qu’il croit, sans jamais se départir de la logique, se voit à ses actes c’est-à-dire ce vers quoi il aspire.
Pour autant, cela ne veut pas dire que le catharisme est sans opinion, qu’il s’abstient de tout discours et qu’il est dénué de toute conception, lui aussi à son mot à dire, mais il ne l’érige pas en panacée qui doit s’imposer à tous.
Le catharisme n’ambitionne pas de s’imposer aux consciences ou de se suppléer à elles. Il n’aspire surtout pas non plus à régenter le monde, à lui dicter le juste ou l’injuste.
La vérité n’est pas immuable et intemporelle en ce monde, la vérité est toujours relative car elle est en lien avec un temps présent. Ce qui était vrai avant, ne l’est peut-être plus après.
Le cathare se contente juste de témoigner de sa conscience.
Le cathare prétend régir sa vie et non celle des autres. Il ne cherche pas plus à convaincre qu’à convertir.
Le catharisme reconnaît la conscience individuelle comme un bien inaliénable.

Le catharisme n’est pas un agnosticisme, c’est-à-dire l’idée que Dieu serait inaccessible à la connaissance, mais bien au contraire un gnosticisme, c’est-à-dire une connaissance de Dieu. D’un Dieu qui n’est ni distinct ni extérieur à l’homme mais qui est totalement étranger à ce monde.
Un cathare constate seulement la présence de l’idée de Dieu en lui, comme potentiellement en tout homme. Il constate également que Dieu est absent du monde. Le monde en est pour lui au contraire la négation. Il ne voit pas dans la nature l’œuvre d’un dieu, mais plutôt celui d’un diable. Le monde est un chaos de lois, dont le vivant est soumis à la prédation, du végétal à l’homme en passant par les animaux.

Le Dieu qui se fait jour dans l’Esprit d’un cathare, est celui d’un pur amour, de la compassion, de la non-violence, de la libre-conscience. Il n’est pas ce dieu vengeur, juge, violent et autoritaire de « l’ancien testament» que le catharisme nomme diable et qui se retrouve également dans d’autres pensées religieuses.
Pour le catharisme les dieux de ce monde ne sont que des diables.

Le diable n’est pas dans le catharisme l’incarnation du mal absolu mais au contraire celui du bien corrompu. C’est un être mitigé et partagé entre bien et mal, sans cesse en contradiction. Ange déchu, comme l’illustre si bien le mythe, il veut et aspire au bien mais ne peut y parvenir. Il prétend défendre le bien en commettant le mal.

Les lois divines que l’on retrouve dans bien des religions, sont censées sanctionner l’injuste mais ne font en réalité que le justifier. C’est toujours au nom du droit juste que les crimes sont légalisés. Ils sont permis et autorisés. Le catharisme ne reconnaît pas d’autre loi que celle de la bienveillance qui illumine sa conscience.

Le catharisme est Église, c’est-à-dire comme son nom grec l’indique « assemblée des hommes libres ». Libres parce que hors la loi et que, ne possédant plus rien, ils ne sont possédés par rien.
Un cathare ne possède plus rien ou à peu près en propre, il met en commun ce qui est nécessaire pour vivre, avec ceux avec qui il a décidé de vivre en petite communauté de vie.
Un cathare a pour impératif d’être autant qu’il le peut indépendant des autres, comme de la communauté dans laquelle il s’est engagé. Sa vie ne doit pas dépendre des autres, en aucun cas, mais de lui seul. Il doit gagner son pain par ses propres mains. Assurer ce qui est nécessaire à sa subsistance, le reste, ce qui est en surplus, il lui appartient de le distribuer à plus indigent que lui.
Un cathare ne se met jamais en état de dépendance, c’est la seule garantie de sa liberté.
Un homme entre libre en catharisme et en ressort libre si tel est son choix.

Pour le catharisme, le « chrétien» , est celui qui vit en Église. Il reconnaît en ceux qui la composent l’Esprit qui l’anime, et lui-même est reconnu comme porteur du dit Esprit par les autres. Cette reconnaissance mutuelle de l’Esprit n’est jamais acquise de principe et d’autorité, elle est le fruit d’un examen de conscience quotidien. Cette reconnaissance est signifiée par une forme liturgique, que les cathares appelaient anciennement « melhiorer» et qui était dû fort symboliquement par les plus jeunes dans l’Église aux plus anciens.
Le « melhiorer» est le signe de la communion fraternelle au même Esprit.

Si le cathare est celui qui vit en cette Église, celui qui vit hors de cette Église n’est point considéré par lui comme un pair, c’est-à-dire un Parfait.
Le catharisme prend en considération cependant les femmes et les hommes qui reconnaissent l’Esprit chez les Parfaits, et qui le signifient par le « melhiorer» . Ils en portent eux aussi une étincelle, puisqu’ils sont capables de le reconnaître. Mais cet Esprit n’est pas encore arrivé à maturation pour vivre selon cet Esprit qui se fait jour en eux et qu’ils voient chez les Parfaits. C’est pourquoi ils cherchent leur compagnie, écouter leur propos, parce que cela fait écho en eux. Ils aspirent un jour à devenir Parfait à leur tour. C’est pourquoi dans un certain sens ils appartiennent, de l’extérieur, à l’Église.
Ils y apportent aussi leur soutien, car sans eux, sans leur aide, les Parfaits ne pourraient pas subsister en ce monde. Sans soutien actif de ses croyants l’Église ne peut se maintenir.

On entre dans l’Église par le baptême, c’est-dire par l’imposition des mains, qui atteste tout simplement la présence de l’Esprit par ceux en qui on le reconnaît. Ce n’est pas ce geste qui fait de cet homme un saint, mais c’est son engagement de sainteté de vie qui fait de lui un Parfait. La Perfection n’est pas un état, c’est une quête, un cheminement, et de même que la sagesse c’est se savoir ignorant, la perfection c’est se savoir salaud.
Le cathare à pleinement conscience de l’horreur de la nature et de la condition humaine, c’est pourquoi, autant que l’Esprit grandit et se fortifie en lui, il tente d’en minimiser les dommages. Le Bien qui est totalement étranger à ce monde, se réduit en ce bas monde à faire le moins grand mal possible. Le Bien ne peut se réaliser, il n’est pas de ce monde, la vie est indissociablement liée au mal.



19/03/2012
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