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Les Messagers du Grand-Esprit

 

Par Magali Cazottes

 

Dans le vaste univers des traditions mystiques propres aux cultures qualifiées de « primitives » par notre civilisation occidentale, celles des indiens d’Amérique du Nord présentent un intérêt tout à fait exceptionnel, bien qu’elles demeurent encore parmi les plus méconnues. Il est vrai qu’au moment de sa conquête de l’Amérique, « l’Homme Blanc » était beaucoup plus soucieux de s’approprier de nouveaux territoires que de se pencher sur les croyances religieuses des « sauvages » qu’il rencontrait. C’est pourquoi il aura fallu attendre près de trois siècles avant de commencer à comprendre la réelle valeur de cette spiritualité indienne qui engendra des mythes au symbolisme parfois fort complexe.

 

Selon une vieille idée reçue, les amérindiens n’étaient que d’incorrigibles païens aimant à vénérer toutes sortes de divinités. En fait, il n’y a rien de plus faux. La plupart d’entre eux croyaient, au contraire, en l’existence d’un principe spirituel unique qui se manifestait à travers l’ensemble de la création. Ils donnaient à ce dernier le nom de « Wakan-Tanka » que l’on peut traduire par « Grand-esprit », « Grand Mystère » ou « Grand Pouvoir Mystérieux ». Wakan-Tanka représentait l’essence véritable de tout ce qui vit, et les indiens pensaient que cet esprit sacré résidait dans les profondeurs du cœur humain : « Seul l’homme, parmi toutes les créatures terrestres, peut atteindre à la connaissance du « Grand-Esprit »… Le cœur est le sanctuaire au centre duquel se trouve un petit espace où habite le Grand-Esprit, et ceci est l’œil… L’homme qui, de cette manière, est pur, contient l’univers dans la poche de son cœur. 1 "

 

Chaque tribu possédait également de nombreuses légendes ayant trait à la présence sur Terre de différents êtres surnaturels devant servir d’intermédiaires entre le monde des hommes et celui des esprits. Ceux-ci pouvaient intervenir directement dans la vie quotidienne des indiens, en bien comme en mal, mais leur tâche essentielle était de révéler à ces derniers les mystères de l’Être unique par la pratique de certains actes rituels. C’est ainsi que le calumet, objet particulièrement vénéré dans la culture indienne, leur aurait été offert à la suite de l’une de ces manifestations « miraculeuses », comme le raconta le sage Élan Noir, chef religieux de la tribu des Sioux Oglala : « C’est par la volonté de Wakan-Tanka, le Grand-Esprit, qu’un animal se changea en bipède pour apporter la pipe très sainte à son peuple… Beaucoup d’hivers ont passé depuis que cela est arrivé : deux Lakotas étaient partis à la chasse et se tenaient à l’affût sur une colline ; ils virent au loin, à l’instant même où le soleil se levait, quelque chose qui s'avançait dans leur direction d’une façon étrange et merveilleuse. Quand cette chose se fut approchée, ils s’aperçurent que c’était une femme très belle, vêtue de blanches peaux de daim et portant un sac à franges sur le dos.» (Une autre version de l’histoire précise que la femme ne marchait pas, mais « flottait dans l’air », et que sa robe irradiait une vive lumière). Peu après cette première manifestation, où elle fera part de son désir de rencontrer le chef des Lakotas dans une grande tente spécialement construite pour l’occasion, la « femme céleste » fera une seconde apparition au cours de laquelle elle offrira le calumet au chef Corne-Creuse-Debout, en lui expliquant les rites qui devaient accompagner son usage pour rendre hommage au « Grand-Esprit ». Puis, quand cela fut fait, la « Femme-Mystère » s’éloigna pour se changer en bison et disparaître au-delà des collines.

 

Le rapprochement entre l’apparition de cette « femme-Bison-Blanc » (surnom que lui ont donné les indiens Lakotas) et le déroulement d’une apparition mariale s’impose immédiatement car, dans les deux cas, nous avons affaire à un phénomène similaire : la venue sur Terre d’une femme céleste entièrement vêtue de blanc, et qui se présente comme la messagère d’une divinité suprême. Seulement, dans le cas présent, l’apparition préféra enseigner la pratique du Calumet à la place de celle du Rosaire. Pourtant, à bien y réfléchir, ces deux objets de dévotion remplissent une fonction parfaitement identique : celle de servir de support aux prières des fidèles. Mais ce n’est sans doute pas le genre de « détail » auquel se seraient arrêtés les pères missionnaires qui s’employèrent à convertir, souvent par la force, ces pauvres indiens qu’ils croyaient - à tort - sans Dieu.

 

Dand le Diné Bahané, le livre des origines des indiens Navajos, on ne cesse aussi de faire allusion aux Êtres Divins qui sont de puissants « magiciens », capables de voyager à la vitesse de la lumière et de se matérialiser dans n’importe quel endroit. Ces êtres « d’une nature différente » avaient établi leur demeure à l’intérieur de montagnes sacrées où ils apprenaient à certains hommes de « terribles secrets ». Deux d’entre eux réalisèrent même un exploit qui n’est pas sans rappeler un célèbre épisode biblique : « Arrivés au bord de l’eau, les deux dieux posèrent les bols à la surface et les firent tourner. Et là où les bols tournaient, les eaux s’écartèrent.

 

De leur côté, les indiens Pueblos ou Hopis vénèrent tout particulièrement les Kachinas qui ne sont « pas des hommes, mais des esprits venus pour guider et aider les clans.5 »  Selon la légende, ces derniers auraient fondé la « Mystérieuse Ville Rouge » que l’on identifie parfois au site de Palenque (bien connu des ufologues pour dallepalenque2.jpg
sa fameuse dalle sculptée où l’on voit un homme assis dans ce qui ressemble à une capsule spatiale). Et lorsque les Kachinas durent s’en aller, ils déclarèrent ceci : « Le moment où nous devrons rejoindre nos planètes et nos étoiles lointaines n’est pas encore venu, mais il faut que nous vous quittions. Grâce à nos pouvoirs nous allons nous rendre sur une haute montagne… Nous sommes le peuple des esprits, et ni vous ni votre peuple ne pourrez nous voir de nouveau. Mais vous devez conserver notre souvenir en portant nos masques et nos costumes au moment adéquat de vos cérémonies. Ceux qui nous personnifieront seront seulement ceux qui auront acquis la connaissance et la sagesse que nous vous avons enseignées.4 » On dit aussi que ces esprits habiteraient au sommet des pics de San Francisco. Mais, en fait, les Hopis « savent que les Kachinas viennent de bien loin, de très, très loin, des plus proches étoiles, de constellations trop lointaines pour être visibles, et même de mystérieux mondes spirituels.6 »

 

Nous aurions pu encore évoquer les traditions concernant les « Oiseaux-Tonnerre » qui déclenchent les éclairs et la foudre, et dont les battements d’ailes sont comme « 1000 coups de tonnerre » ; le « canoë magique » de Hiawatha qui est d’un blanc éblouissant et flotte « au-dessus des eaux et des prairies comme porté sur l’aile d’un oiseau 7» ; les « boucliers volants » appelés Patuwota qui volaient avec une extrême rapidité et reposeraient maintenant au fond des mers ; ainsi que beaucoup d’autres sujets semblables qui, malheureusement, dépasseraient le cadre restreint d’un simple article.

 

La richesse spirituelle des religions amérindiennes ne peut être également abordée ici, et c’est bien regrettable, car nous aurions pu mettre en lumière leur étonnante concordance avec des systèmes de pensée aussi différents que la religion hindoue ou le gnosticisme (pour ne citer que ceux-là). Aussi, pour le moment, nous nous contenterons de retenir ceci : les croyances religieuses qui se sont développées dans le Nord de l’Amérique auraient été, en grande partie, influencées par l’intervention d’intelligences extra-humaines dont les motivations exactes restent encore très obscures. Par ailleurs, il est très probable que ce scénario n’ait pas uniquement concerné cette partie du monde, mais se soit également reproduit à plusieurs autres endroits du globe, depuis les temps les plus reculés… jusqu’à nos jours.

 

 

 

 

 

 

 

1 « Les rites secrets des indiens Sioux » d’Elan Noir, éditions Le Mail.

2 « Les rites secrets des indiens Sioux » d’Elan Noir, éditions Le Mail.

3 « Le livre des indiens Navajos » de Paul G. Zolbrod, éditions du Rocher.

5 « Le livre du Hopi » de Frank Waters, éditions du Rocher

4 « Le livre du Hopi » de Frank Waters, éditions du Rocher.

6 « Le livre du Hopi » de Frank Waters, éditions du Rocher

7 « L’Oiseau-Tonnerre et autres histoires » de Richard Erdoes et Alfonso Ortiz, éditions Albin Michel.



17/11/2014
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